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vendredi 4 mai 2012

Album : Mr Blue - Versus




Mr Blue - Versus
 Sortie : 30 avril 2012
 
 Mr Blue, l'unique titre de Versus dont nous avons parlé ici a fait couler de l'encre. Une dose de musique pure que tout le monde s'est arraché, Grant Phabao l'a remixé ici, de même que 20 Syl, et beaucoup d'autres. L'album éponyme vient de sortir, et il va faire très mal. Fruité à souhait, Mr Blue est une petite douceur. Epicé comme il faut, Mr Blue est un Ovni. Oubliés les débats, le maréchal Pétain, et la TVA !

L'intro pose les bases de l'album. Ca scratche, ca sample, ça vibre sec !

Sans vergogne, accueillons maintenant Monsieur Bleu ! On va pas épiloguer dessus, parfait je vous dis !
 

 Nom d'une trompette ! Qu'entends-je ? De la flute ! Marauders te casse les dents. La basse qui tournoie annonce un rythme afro-beat violent. La flute affronte le synthé à grand coups de solos interposés. Et les violons font passer les changements de tonalités comme avec de la vaseline !

Ensuite, après Alerte une interlude qui n'a besoin que d'1 minute 15 pour faire ses preuves, arrive Theme from Bobbin Street. Amis biboyes, c'est à vous.

Mais qui voilà ? Beat Assailant, qui nous fait un petit présent pour Play the Game. L'instru est encore phénoménale, les flutes oscillent dans un phrasé très éthiopien, plusieurs changements de tonalité rendent l'harmonie très complexe sans l'empêcher de glisser doucement vers des jours heureux.


Et on enchaîne avec Almost Noon, on retrouve un flow plus classique typique des années 90 du Hip-Hop. Les nappes de flutes complètent un refrain qui titille la Blue Note. Le morceau est une fois de plus progressif, en plusieurs parties distinctes qui s'accordent parfaitement, nous concoctant une recette qui fait mouche.

La voix suave de the Letter, nous introduit Everybody Fever, qui semble n'être qu'un petit funk au premier abord, mais l'unisson subtile du Rap, de la Flute et des Cuivres nous emmène vers des chemins agréables. Roy Ayers, ceci est pour vous !

Puis,the Don Walks in nous claque un groove d'Afghan ! La flûte avait rarement été aussi intelligente depuis Short Cuts de Magic Malik.

 L'avant-dernier titre est Museum of Life, toujours à la frontière entre Fela et Q-Tip, il nous assène un coup sec et vif dans le bide. Oui, oui, à bout de souffle. A bout de souffle.  

End Credits conclue logiquement l'album en se passant de bla-bla. Je ne sais plus quoi dire.


Finalement, Mr Blue est là. Il se pose. Comme le CD va se poser dès demain dans ma discographie, dès que je l'aurai acheté. Sans plus d'éloges, salut !


Note : 19/20

mardi 1 mai 2012

Album : B - Beat Assailant




 
B - Beat Assailant
 Sortie : 15 mai 2012
 
Quatre ans après Imperial Pressure, le plus frenchie des rappeurs US revient avec un nouvel opus intitulé sobrement B. Après avoir confectionné un somptueux cocktail de Soul & Hip-Hop, orné de guitares claquantes, de cuivres coulants & d'électro salement proprette, Beat Assailant nous crache ici un cri du coeur bien en sauce !  
 
B commence fort, très fort. Adam Turner attaque sévère pour la chanson éponyme avec un flow qui décapite. Ca claque, et ça pète de partout !  
 
Puis s'ensuit Justified qui offre un beau featuring avec Oxmo Puccino, en nous assurant une ligne de basse/guitare qui sent la chaleur et un groove certain. Oxmo y est (comme d'habitude) clair et sans concession.
   
 
Never Split Up ose un Hip-Hop plus classique saupoudré de quelques fines notes de piano & de slap basse. Le flow y est ici encore monstrueux.  
 
Maintenant, vous aurez le plaisir de découvrir probablement la plus belle réussite de l'album. Conjuguant son goût féroce pour l'électro French Touch et le groove méchant de la basse qui te déchire la che-tron , Rain or Shine envoie de ce genre de vibes qui feront frémir tes pieds jusqu'à plus soif.
  
On pourra d'ailleurs trouver ce titre sur un EP paru plus tôt, et déjà remixé par de beaux noms comme Krazy Baldheads ou datA. 
 
 Made Man nous déverse une prose incessante aidée par un refrain vivace qui ne sera pas sans nous rappeler un certain Theophilus London.  
 
 
 Mais là, rupture. Après un beau sans faute. Qu'arrive t'il ? Sacrilège ! Du Vocoder ! Always Down sombre dans une mièvre instru qui n'a pas grand chose à envier au G-Funk le plus cheap.  
Hands Up n'y arrange rien, le rythme est mou à en mourir. Et l'instru inintéressante sonne comme un gachis de potentiel qui agace tant le son est plat et représentatif d'un certain type de Hip-Hop (Hip-Hop ?) qui se hisse en tête des charts en ce moment.   
She sees it all garde les honneurs grace au bon refrain de Irfane (Outlines) que tout le monde connait par Baby i'm yours de Breakbot, mais le rythme est aussi vide que le Sahel. 
De même pour Kill Them ou les deux derniers titres Birds of Prey et Welcome to my World, où même le flow ne suit plus. Mais je laisse en juger avec celle ci.  
 
On retrouve enfin du rythme pour Shotgun dont l'intro appelle l'intensité de Lose Yourself d'Eminem. Nothings Forever signe la dernière jolie note de l'album avec un beat endiablé & de jolis contretemps péchus.
  
 
 
 
Finalement, B séduit  par son intensité qui décolle les papiers peints. On retrouve le désir de Beat Assailant de privilégier un flow vif et brut déjà annoncé par des titres comme Better than Us, Be Still (Imperial Pressure) ou Spaceship (Rhyme Space Continuum). S'il n'y avait pas les titres que Kanye West aurait pu faire, ça aurait pu être une franche réussite et un bonheur pour nos enceintes. 
On regrettera tout de même le manque des cuivres dans cette nouvelle formation qui efface la Soul et le Jazz si typique à B-A que l'on retrouvait notamment (et pas que) dans the Ante, the Most Real ou Jump out Boyz. Car en effet, comme l'a montré l'excellent live aux Artefacts de Strasbourg dont on pourra retrouver les photos ici, certains sons proches de la perfection comme I like ca$h peuvent balancer entre une musicalité montrueuse, un groove rare, et une électro détonnante.
 
 
 
 
Note : 13/20